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Discussion avec Ananga, personnage principal du roman La fumée qui s’échappe du feu des marmites

Dec 6, 2021

Après un film, on partage parfois le making of à la télévision ou sur les réseaux sociaux. Sur Instagram, je vois certaines auteures partager des images de leur bureau, celui où elles écrivent leurs manuscrits. Aujourd’hui, j’aimerais jouer le jeu et partager un entretien avec Ananga, le personnage principal de mon dernier roman. C’est la version originale, donc certains éléments peuvent être différents du livre. J’ai aussi voulu poser ça ici pour satisfaire la curiosité de certains lecteurs qui s’interrogent sur le processus de création des écrivain.e.s. 

Muriel: Bonjour Ananga

Ananga: Bonjour. Merci de me recevoir aujourd’hui.

Muriel: merci d’honorer notre invitation. Alors, nos lecteurs ont été touchés par ton histoire et ils aimeraient en savoir plus sur toi. Quel est ton nom complet ?

Ananga: je m’appelle Ananga Michelle Zoe Mvondo, fille d’Ote Efa’a et de Monsieur Meva’a. J’ai un demi-frère qui s’appelle Bolingo et une demi-sœur, Kiki. 

Muriel: Quel âge as-tu?

Ananga: j’ai 16 ans

Muriel: Que fais-tu dans la vie?

Ananga: Pour le moment, je suis étudiante à l’université catholique d’Afrique Centrale mais je dois aller au Canada poursuivre une formation en journalisme.

Muriel: pourrais-tu nous en dire un peu plus sur tes parents ? Étaient-ils mariés?

Ananga: ma mère a trois frères et soeurs Ambroise, Cécile et Claude qui vivent tous en Occident. Elle n’y est pas allée à cause de moi. On avait commencé les démarches pour elle quand elle est tombée enceinte. La question se posait: devait-elle se séparer de son enfant pour aller en France ? J’avais besoin d’elle et la faire partir avec moi aurait constitué un frein. Elle a arrêté ses études au niveau du baccalauréat. En effet, ses parents l’ont chassée de la maison après ma naissance. Ou du moins, on l’a laissée chez une tante dans un quartier éloigné. Mes grands- parents ne voulaient pas s’attirer la honte de la société à cause des gaffes de leur fille.Pour subvenir à ses besoins, elle vendait des produits au marché et, la nuit, les beignets.

Muriel: Elle a vécu des moments difficiles mais qu’en est-il de ton père ?

Ananga: elle a eu une adolescence difficile et je suis impressionnée par son parcours.

Quand il avait 24 ans, Meva’a était amoureux d’Ote qui vivait dans le même quartier que lui. Elle vivait dans une maison un peu plus bas que la leur. Elle était très belle. Les parents du jeune homme la connaissaient mais ils ne voulaient pas d’elle comme belle-fille car faisant partie d’une autre ethnie. Ils ont donc cherché dans leur entourage et la fille du meilleur ami du père qui était aussi en âge de se marier. On les a donc mis ensemble. Il n’a jamais oublié ma mère qu’il a continué de voir pendant un certain temps. Melaka lui en a voulu.

Muriel: penses-tu que ton père aurait pu se battre pour ta mère ?

Ananga: c’est une question délicate. Je pense qu’il n’en avait pas les moyens et il était sous l’autorité de ses parents. Prendre position aurait juste ruiner deux vies. Par contre, il aurait dû me protéger contre ma belle-mère.

Muriel: Melaka.

Ananga: elle-même. L’épouse de mon père, une femme cruelle et manquant d’assurance. Elle ne lui a jamais pardonné de lui avoir fait un enfant dans son dos, et, de surcroît, avec l’amour de sa vie.

Muriel: dirais-tu que tu as eu une enfance heureuse?

Ananga: j’ai eu une enfance difficile. Ma mère et moi vivions dans un minuscule appartement à Bonassama. Je me souviens de la boue qui se formaient à chaque saison de pluie et avec laquelle nous jouiions mes amis et moi. C’était dur mais ma mère se battait pour moi. Chez mon père, Melaka me maltraitait mais je voulais tellement quitter cette maison pour poursuivre mes études à l’étranger que j’apprenais assidûment mes leçons. Et puis, cette histoire de mariage m’a traumatisée. Je suis néanmoins contente de la tournure des événements. 

Muriel: oui, tu iras au Canada.

Ananga: j’aurais tout aussi bien pu m’épanouir au pays mais personne ne s’est proposé de m’aider donc j’y vais.

Muriel: nous te souhaitons le meilleur. Que dirais-tu aux filles qui ont traversé les mêmes épreuves que toi?

Ananga: ne vous découragez pas.

Muriel: merci.

 Que penses-tu de la descolarisation des filles? Tu peux laisser un commentaire ou m’écrire à thewordindustry@gmail.com 

Je suis aussi sur Instagram et Facebook sous @murielmben

 

 

 

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